| NEWS |
|---|
| Récolte de cartouches |
| Aidez nous, en recyclant vos cartouches |
| Similes Dinant |
| Après-midi festif le 19 septembre 2010 à 15h |
| « Concert d'orgues et de hautbois » |
| Similes Wallonie |
| NOUVEAU module de psychoéducation «Profamille» au sein de la section du Luxembourg |
| Similes Wallonie |
| NOUVEAU module de psychoéducation «Profamille» au sein de la section de Liège |
| Jour & Nuit |
| le 16 septembre 2010 au Créahm à Liège Pour voir l'affiche, cliquez ici. |
| L’enfermement et la liberté Création artistique |
Pour les cas les plus graves (lourds), nous demandons une augmentation des lits en "service T"2, principalement à Bruxelles. Il faut que les personnes atteintes de troubles psychiques puissent y séjourner tout le temps nécessaire à l’évaluation de leur état et à une stabilisation de celui-ci…
Les pouvoirs publics considèrent que la fonction initiale de l’hôpital psychiatrique est le traitement intensif et le plus court possible des pathologies psychiques3. Ceci explique que les dits hôpitaux psychiatriques et cliniques se voient attribuer un nombre estimé suffisant de lits du “service A”4 pour une hospitalisation courte, contrastant avec un nombre de lits beaucoup plus réduits de “lits en service T” pour une hospitalisation beaucoup plus longue ou indéterminée.
La stratégie adoptée, c’est à dire la politique du “traitement intensif et le plus court possible”, témoigne de la méconnaissance par les pouvoirs publics des paramètres médicaux et sociaux, notamment, de la schizophrénie: elle conduit, dans la majorité des cas, à des échecs. Mise en place pour des raisons plus économiques qu’humanitaires, elle se solde par des désastres humains et un gaspillage économique accru.
Le diagnostic de la schizophrénie, notamment, exige des temps d’observation bien plus longs que l’optimisme des responsables politiques ne le prévoit. Les temps requis pour l’évaluation des “symptômes négatifs” qui sont les plus invalidants socialement, sont encore plus longs et les centres post-hospitaliers ne sont pas toujours équipés pour les évaluer correctement. Par conséquent, les hôpitaux psychiatriques envoient prématurément dans des structures d’accueil (M.S.P.5, I.H.P.6) des malades dont le diagnostic est incertain, l’état de “stabilisation” précaire, les capacités et déficits réels inconnus et, sans doute, sans rapport avec les spécificités des lieux d’accueil. Pareilles conditions favorisent les rechutes et renvoient les malades en “service A”, d’où ils ressortent, éventuellement aggravés, pour atterrir dans l’une ou l’autre M.S.P. pas mieux adaptée à leur profil que la précédente, et ainsi de suite.
Dans le secteur de la maladie mentale, les pouvoirs publics ont sans doute, ces dernières années, économisé lourdement au détriment des personnes atteintes de troubles psychiques et de leurs familles. Certains personnes atteintes de troubles psychiques gravement atteints et requérant un traitement en hôpital psychiatrique ne sont plus en mesure de le payer, en raison du ticket modérateur, et sont donc contraints de rester à domicile. Cette situation est néfaste, non seulement pour le malade lui-même, mais aussi pour sa famille et, à terme, pour la société. Ces économies-là sont inhumaines, il faut les arrêter.
2 Lits pour malades adultes - activités “axées sur la réadaptation sociale maximum”.
3 Cfr. p.ex.: La réponse du Ministre Mme DE GALAN à la question n° 446 de M. le député Jef VALKENIERS à la Chambre en date du 25.04.97. “Le traitement intensif, parvenu à son terme [traduisons: une fois la crise maîtrisée], le malade doit être dirigé sur un centre de réadaptation”.
4 Lits pour adultes - urgence - observation - “traitement actif”.
5 Maison de Soins Psychiatriques.
6 Initiative d’Habitation Protégée.
3.2.1.1. Il n’existe qu’une seule M.S.P. francophone à Bruxelles (une soixantaine de lits) et aucune dans le Brabant wallon. A la demande pressante des familles, Similes a multiplié les démarches auprès des instances gouvernementales fédérales et régionales afin d’obtenir l’ouverture d’une nouvelle M.S.P. en Région Bruxelles-Capitale. Aucun résultat positif ne put être obtenu pour une raison surprenante:
Dans la région de Bruxelles-Capitale, la programmation hospitalière en matière de santé mentale et les dispositions légales qui en définissent les modalités d’application sont incompatibles.
En effet, différents arrêtés royaux et ministériels (depuis 1990) stipulent que des lits de soins dans des maisons psychiatriques ne peuvent être créés que:
“Toutefois l’ouverture de lits en Maison de Soins Psychiatriques ne peut être subordonnée à la réduction de lits hospitaliers QUE SI LE NOMBRE DE CES DERNIERS ATTEINT OU DÉPASSE LE PLAFOND PRÉVU PAR LA PROGRAMMATION”.
A l’occasion de ce memorandum, “SIMILES” réitère la même demande, qui n’a pas encore été entendue à ce jour, et insiste pour qu’elle soit traitée en priorité, vu l’importance du problème.
3.2.1.2. La situation des malades qui ont la chance (?) d’être hébergés dans les M.S.P. préoccupe gravement leurs familles. Si ces institutions leur procurent une certaine chaleur humaine qui fait parfois défaut dans les hôpitaux, leur personnel est encore trop restreint, ce qui les réduit à n’être souvent qu’une garderie de malades, sans projet et sans espoir pour ces malades de retrouver une certaine autonomie. Les malades jeunes, qui sont en minorité dans ces établissements, se retrouvent parmi une majorité de patients âgés, ce qui les plonge dans la désespérance et en a mené certains à des accès de désespoir (crise de violence, suicide). C’est tout le contraire de l’objectif des M.S.P., qui était bien d’orienter le patient vers une vie dite “normale”, tout en lui assurant une structure rassurante.
Il est essentiel de proposer à ces patients des projets de vie et des activités valorisantes dans un centre de jour ou de leur offrir un cadre de vie plus stimulant.
Cela suppose un encadrement qualifié, appelé à enseigner différentes formations (ex.: métiers, métiers d’art, informatique, langues...), à accompagner le patient dans une continuité, en tenant compte des difficultés à assumer, et peut-être vers un emploi. Certains patients ont des capacités; il faut leur donner les moyens de les concrétiser. Leur attente est de pouvoir vivre en société et de pouvoir y mener une vie utile. La possibilité de se valoriser par une occupation adéquate en est un des chemins.
Sans doute en raison de son manque de personnel, une M.S.P. a refusé de reprendre, après qu’ils avaient été soignés et restabilisés, plusieurs patients qui avaient dû être hospitalisés en raison d’une crise de violence. Ceci est inacceptable. Que vont devenir ces personnes dont l’hôpital ne veut plus, que la M.S.P. refuse de réintégrer et qui n’ont souvent plus aucun endroit où aller ?
3.2.2.1. Bien qu’en trop petit nombre, ces institutions ont le mérite d’exister et SIMILES salue le courage et la générosité de leurs promoteurs. Peu d’entre elles répondent cependant aux besoins des patients, à l’attente des familles et à la demande des institutions.. Voici quelques-unes de leurs plaintes:
On déplore le mélange aléatoire d’autres symptomatologies plus ou moins lourdes dans une même institution (drogue, alcoolisme). Comment permettre aux personnes atteintes de troubles psychiques de remonter la pente dans ces conditions ? Par ailleurs, certaines personnes atteintes de troubles psychiques sont reçus dans des maisons de repos, ce que d’aucuns contestent du fait qu’elles ne sont pas qualifiées en psychiatrie.
Pour la plupart des familles, les institutions qui valorisent la réinsertion sociale sont dites trop laxistes, dans le sens où elles ne tiennent pas compte des difficultés à s’assumer rencontrées par leurs résidents.
“… Nous n’avons pas d’autre choix que l’hôpital, qui est trop encadré et les habitations protégées ouvertes, où aucun suivi n’est assuré (hygiène, soins du corps, nettoyage, cuisine, budgets)…”
Parmi ces I.H.P., celles qui assurent une prise en charge plus encadrée déplorent le manque de moyens. En effet, le personnel d’encadrement est aussi celui qui assure les tâches de secrétariat, de comptabilité, parfois même d’entretien. Les I.H.P. voudraient pouvoir disposer de personnel administratif et logistique. A titre d’exemple: 1 secrétaire T.P. pour 40 lits et 1 ouvrier polyvalent T.P. pour 40 lits.
Les familles reprochent à ces lieux leur manque d’activités. Les institutions devraient proposer des occupations adéquates et adaptées à chaque malade, qui lui prouvent qu’il est encore capable de se rendre utile ou d’être efficace. Si ces occupations valorisantes, tournées vers l’extérieur, existantes ou à créer, étaient mieux connues et plus accessibles, la prise en charge du patient serait moins lourde pour leur famille.
“… Il faut réviser les règlements des habitations protégées, et former du personnel qualifié et motivé…”
3.2.2.2. On déplore également certaines conséquences néfastes de ce qu’il est convenu d’appeler un “contrat” que l’on fait signer à un résident d’I.H.P. Si certaines obligations ne sont pas respectées par le résident, il sera renvoyé. Et c’est ce qui arrive régulièrement. Le patient est prié de s’en aller du jour au lendemain sans qu’on prenne la peine d’avertir les parents. Ce qu’il devient par la suite ne concerne plus l’institution. Et sa famille, si elle existe, se retrouve à la case départ. En faisant signer ce genre de contrat, on veut à juste titre responsabiliser le patient. Il faudrait cependant tenir compte du fait qu’une personne atteinte de troubles psychiques handicapé psychique, s’il peut très bien se comporter raisonnablement à certains moments, peut en être tout à fait incapable à d’autres. C’est une des conséquences de sa maladie. Alors, le renvoyer, le mettre à la rue, quand il n’est pas en possession de tous ses moyens, est-ce une bonne politique sociale ?
3.3.1. Il en existe plusieurs à Bruxelles et en Wallonie, qui permettent un choix, mais certaines régions semblent avoir été tout à fait oubliées dans ce domaine. Il y a cependant un manque réel dont les malades sont les victimes, réduites à un va-et-vient entre hôpital et famille (s’il y en a encore une), ce qui multiplie les rechutes.
Ces structures, qui se veulent intermédiaires entre hôpitaux psychiatriques et retour à une vie normale dans la société, ont pour objectif la réinsertion et le retour à l’autonomie des personnes atteintes de troubles psychiques au travers de programmes d’activités diverses, qu’elles soient culturelles, thérapeutiques ou orientées vers l’extérieur.
Ceci nécessite un personnel nombreux, compétent, motivé et stable, travaillant en équipe, afin d’aider chaque patient à augmenter ses chances d’évolution. Or les remarques les plus fréquemment entendues par les familles portent sur:
3.3.2. SIMILES souhaite vivement que les structures dites “conventionnées INAMI” puissent poursuivre la prise en charge de patients au passé psychiatrique important. La participation de ces derniers au sein de structures plus proches de la vie commune complète l’idée de la réinsertion sociale et diminue la marginalisation à laquelle bon nombre sont sujets.
Fédération des Associations Similes Francophones - Rue Malibran 49, 1050 Bruxelles
Tel. : 02/644.92.00 - Fax : 02/644.44.12 - E-mail : federation@similes.org
schizophrénie - schizophrène - belgique - borderline - troubles psychiques - dépression - maladie mentale - trouble bipolaire - handicap - familles - association - psychiatrique