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Similes est une association qui a pour but d'aider les personnes
atteintes de troubles psychiques et de soutenir les familles.
Les membres sont très bien informés des problèmes
et des situations pénibles que vivent les personnes internées
relevant de la Défense Sociale.
C'est à ce titre qu'ils veulent diffuser le présent
communiqué concernant la situation intolérable des
malades psychiques qui doivent séjourner dans une prison.
Quand un inculpé est atteint d'un trouble mental il est
confié à une Commission de Défense Sociale
qui a pour mission de lui assurer une tutelle et des soins, et
un séjour dans un établissement approprié.
Il y a trois types de lieux d'internement. Le premier ce sont
les Etablissements de Défense Sociale dépendant
du SPF Justice. Il y en a qu'un seul à Paifve, strictement
réservé à l'application des mesures d'internement.
A Tournai il existe une section de Défense Sociale dépendant
de l'hôpital des Marronniers. Le deuxième ce sont
les établissements de soins psychiatriques, publics
ou privés, qui acceptent de tels patients. Le troisième
ce sont les annexes psychiatriques des prisons, il y en
a 12 en Belgique, où les malades psychiatriques séjournent
en attendant une place dans un établissement des deux premiers
types. Ce sont des parties de prison conçues pour l'enfermement
et non pour le traitement de malades. Aucune thérapie ne
peut sérieusement y être mise en uvre, mais
le médecin de la prison peut donner quelques soins. C'est
dans les annexes qu'aboutissent tous les délinquants chez
qui une expertise a révélé l'existence d'une
trouble mental. C'est à partir de là qu'ils vont
être orientés et placés dans un service de
soins.
Il n'y a pas de places en suffisance dans les Etablissements
de Défense Sociale et les places disponibles dans les hôpitaux
psychiatriques sont limitées. Il y a donc des listes d'attente
et cette attente peut durer de 6 mois à un an.
LE DRAME est que plus de la moitié des malades psychiques
internés figure sur cette liste.
Ces personnes sont donc sans traitement adéquat et sans
accompagnement psychologique. De plus, elles vivent dans des conditions
de séjour carcéral particulièrement pénibles,
dans des annexes qui sont surpeuplées.
Pour les familles, rendre visite, en milieu pénitentiaire,
à leur enfant devenu adulte et en souffrance psychique
est traumatisant et d'autant plus qu'elles se sentent impuissantes
à faire évoluer la situation, ou alors, et sans
garantie pour autant, aux prix de l'intervention d'un avocat.
Et les avocats pro deo sont surchargés. Il ne semble pas
qu'il y ait une réelle volonté politique de faire
évoluer les choses, malgré le dernier projet de
loi. Cette problématique n'intéresse sans doute
pas l'électorat mais les hommes et les femmes politiques
peuvent ils s'en désintéresser ?
Cette situation, qui dure depuis des années, est absolument
injuste; on ne peut la tolérer plus longtemps. Il en est
ainsi pensons-nous, parce que les soins des détenus et
donc des internés relèvent du Ministère de
la Justice et pas de l'Inami.
Signalons aussi cette situation paradoxale que l'interné,
sous statut de la défense sociale mais libéré
à l'essai et qui rechute, ne peut invoquer la procédure
de mise en observation. Même sans infraction il sera réintégré
en annexe psychiatrique.
Nous demandons instamment que nos politiques prennent conscience
de cette situation de souffrance des internés et de leurs
familles, de manière à fournir les moyens d'y remédier.
Un premier moyen déjà serait d'ouvrir pour les
délinquants handicapés mentaux internés,
des lieux d'hébergement adéquats pour personnes
handicapées mentales ; actuellement elles doivent rester
dans des services hospitaliers et donc bloquer des places, parce
qu'il manque des institutions pour de tels adultes.
Un exposé plus complet sur cette question est paru dans
le Périodique Trimestriel Similes n° 48 de 2007 (voir
ci-dessous)
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