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Nous
parlerons ci-dessous des parents. Le problème diffère
peu pour les conjoints ou les proches (enfants, fratrie...) vivant
avec le malade.
L'apparition
de la maladie est souvent insidieuse. Des petits changements d'attitudes,
quelques propos bizarres, un émoussement des sentiments,
le retrait du groupe familial, la désaffection vis-à-vis
des intérêts habituels ou au contraire, un intérêt
subit pour des idéologies, des idées mystiques...
Cela inquiète les parents sans leur permettre d'imaginer
un instant qu'il pourrait s'agir d'une maladie.
Dans
d'autres cas, l'irruption de la maladie est brutale, comme un coup
de tonnerre dans un ciel bleu. En proie au délire et à
des hallucinations, la personne malade sombre dans l'incohérence
et l'agitation. La désorganisation intérieure, explose
en un désordre indescriptible de son environnement. La chambre
ou l'appartement se transforme en quelques jours en un bric-à-brac
invraisemblable.
Dans
un cas comme dans l'autre, l'entourage familial est tenté
d'attribuer ces comportements à une cause externe : adolescence,
drogue, déboire amoureux, échec scolaire, etc. Généralement
les parents ne peuvent s'imaginer que leur enfant est atteint d'une
maladie qui peut devenir chronique. Dans leur esprit, ce trouble
ne peut être que passager. On va trouver un bon médecin
qui donnera les bons médicaments.
Mais
le malade devient agressif quand on lui parle de maladie, de médecin
ou de médicaments. Les agressions verbales, les bris d'objets
ou de meubles, les menaces de suicide, terrorisent les parents.
Ceux-ci
sont d'ailleurs torturés par un sentiment de culpabilité.
Ils se demandent quelles erreurs ils ont pu commettre dans l'éducation
de leur enfant. Souvent les divergences, quant à la marche
à suivre, sont cause de disputes. Parfois des amis et la
famille plus lointaine inondent les parents de conseils inappropriés,
voire de reproches. Des rumeurs circulent.
Que faire ? A qui s'adresser ? Comment le (la) faire soigner ?
Dans
nombre de cas, l'obligation de soins sous contrainte s'impose. C'est
toujours dramatique de devoir demander aux forces de l'ordre d'intervenir.
Cela ne va pas sans peine. Ce n'est pas facile, ni moralement, ni
administrativement. Le stress est intolérable.
La
peine redouble dès les premiers contacts avec le malade hospitalisé.
Celui-ci se révolte. Il ne comprend pas ce qui lui arrive.
Abattu par les médicaments, il supplie qu'on le sorte de
là.
Souvent,
il est impossible d'avoir des éclaircissements de la part
du milieu soignant sur le traitement, la durée, le pronostic.
Surtout si l'enfant est majeur, ce qui est presque toujours le cas.
Les parents sortent de là très malheureux et avec
une série de questions auxquelles ils ne trouveront pas de
réponse avant longtemps.
Quelques
mois plus tard, le patient est renvoyé chez lui souvent sans
que son entourage n'ait été prévenu, ni ne
soit préparé. Chez lui, souvent le malade ne veut
plus prendre ses médicaments. La rechute est quasi garantie.
Et
le même scénario se reproduit de crise en crise. Pendant
les périodes de rémission, plus ou moins longues selon
le cas, il faudra s'habituer à vivre avec un être fragile
face aux exigences de la vie, souvent replié sur lui-même,
parfois capricieux ou susceptible, toujours en danger de rechute.
Et
le devenir des enfants ? Le stress perpétuel, la tristesse,
le sentiment d'impuissance, les contraintes incessantes altèrent,
au fil des années, la santé des parents.
Ceux
qui ont la chance de rencontrer SIMILES pourront commencer à
sortir la tête de l'eau. Ils quitteront leur solitude et seront
aidés à faire le deuil de leurs espérances
du passé.
Ils
seront informés sur les maladies mentales, leurs traitements,
les effets secondaires des médicaments, la bonne interprétation
des comportements dérangeants et la gestion des sentiments
relatifs à ceux-ci. Ils apprendront aussi à mieux
communiquer, à prendre de la distance, à avoir des
attentes réalistes, à retrouver une estime de soi,
à reprendre goût à la vie, à s'entourer
d'un réseau d'aide et à participer à l'entraide
commune.
Par
ailleurs grâce en partie à l'action de SIMILES, un
grand courant de psycho-éducation des parents commence à
traverser le monde psychiatrique. On peut espérer que dans
un proche avenir, une collaboration efficace et bienveillante s'établisse
entre les soignants et les parents qui sont des partenaires soignants.
Ainsi, les malades et les parents pourront enfin escompter une qualité
de vie nettement meilleure.
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