5. Amélioration du statut juridique du malade psychique
5.1. La relation patient-soignant dans les hôpitaux Nous demandons lamélioration de la situation juridique de la personne atteinte de troubles psychiques pour assurer plus de transparence et dégalité dans la relation de patient à soignant dans les hôpitaux. Les droits de la personne atteinte de troubles psychiques, en tant que patient, sont hélas, à ce jour, peu ou pas garantis, car il nexiste aucun cadre juridique qui les définit. Doù une inégalité dans la relation patient-soignant. Dans lavant-projet de loi relatif au droit des patients dans les hôpitaux, proposé par le ministre COLLA (approuvé par le Conseil des Ministres le 10/12/98), la problématique propre aux personnes atteintes de troubles psychiques ne semblait pas avoir été clairement prise en considération. Par exemple, certaines personnes atteintes de troubles psychiques adultes sont peu enclins à reconnaître leur état; ils sont donc susceptibles dutiliser leur droit de majeur pour échapper aux soins. Il ne faudrait pas quune loi sur les droits du patient conduise à légaliser la non-assistance à personne en danger. Cest la mission des autorités de répondre à la demande croissante pour une plus grande protection juridique et de garantir les droits des patients. De quels droits sagit-il ?
5.2 Le traitement des plaintes des patients dans le secteur des soins en santé mentale : la création de services de médiation Les personnes atteintes de troubles psychiques demandent des circuits via lesquels ils puissent faire traiter leurs plaintes et leurs questions concernant les soins. Il sagit notamment du respect de la vie privée, des modes daccueil, des factures, de lorganisation des soins, tant dans le secteur résidentiel que dans le secteur ambulatoire. Pour les patients, ce serait un renforcement appréciable de leur statut juridique, et pour les institutions, un élément important dune politique de la qualité des soins. Le traitement des plaintes dans le secteur de la santé mentale ne devrait pas être différent de celui du secteur des soins de santé générale. Cependant, il y a lieu de tenir compte des problèmes spécifiques liés à la maladie mentale; un meilleur encadrement doit donc être prévu. Chaque institution devrait disposer dun service de médiation (ombudsman) auquel le patient et ses personnes de confiance pourraient sadresser quand ils ont limpression de ne pouvoir se faire entendre. Ces organes, chargés de lexamen des plaintes et de leur apporter des réponses adéquates, devraient être constitués de manière aussi indépendante que possible des institutions de soins. Dans le secteur ambulatoire, le patient et ses personnes de confiance devraient également pouvoir sadresser à une commission régionale chargée dexaminer leurs plaintes. Ces commissions de médiations devraient aussi être indépendantes des institutions de soins.
5. 3 Les personnes atteintes de troubles psychiques et le secteur des assurances En matière dassurance, les personnes atteintes de troubles psychiques et leurs familles sont confrontés à de réels problèmes: 5.3.1 Lassurance hospitalisation Les compagnies dassurances redoutent les hospitalisations pour des affections psychiatriques. Certaines les excluent totalement de la couverture, dautres ne les couvrent que pour une durée limitée dans des institutions déterminées. Or, en soins de santé mentale, les longues hospitalisations sont fréquentes. Etant donné les buts lucratifs poursuivis par les compagnies dassurances, il est sans doute illusoire despérer que la personne atteinte de troubles psychiques soit traitée sur pied dégalité. Il nous semble que la réponse à ce problème consisterait en une assurance-hospitalisation non commerciale solidaire où chacun cotiserait selon ses moyens et qui assure aussi les patients à risques plus importants. Les autorités devraient veiller à ce que le phénomène croissant dassurances privées nentraîne pas une discrimination à légard des malades graves et des déshérités. 5.3.2 Responsabilité civile et assurance Lassureur en Responsabilité Civile Familiale refuse bien souvent dintervenir dans lindemnisation des dommages causés par des personnes atteintes de troubles psychiques. On peut imaginer le drame que vivent leurs familles.
En résumé, certaines compagnies dassurances refusent dassurer les personnes atteintes de troubles psychiques, dautres demandent des primes très élevées, dautres excluent de lassurance des patients, dès quelles ont dû indemniser un accident. La loi prévoit pourtant que la responsabilité civile extra contractuelle résultant de larticle 1386 bis C.C. est couverte dans le cadre de lassurance en Responsabilité Civile relative à la vie privée. 5.4. Ladministration provisoire Depuis environ deux ans, un groupe de travail pluridisciplinaire, réuni dans le cadre de la Fondation Julie Renson, étudie les moyens daméliorer la mise en oeuvre de la loi sur ladministration provisoire pour une meilleure compréhension et une application plus judicieuse. Des modifications au texte de la loi sont également envisagées. SIMILES participe activement à ce travail dont les résultats seront transmis aux autorités compétentes. |
|||||||||
|
|
|||||||||