9. Qualité de vie Les souffrances morales endurées par les personnes atteintes de troubles psychiques sont parmi les plus douloureuses qui soient et les accompagnent souvent tout au long de leur vie. Cest pour cette raison quil faut tout faire pour leur procurer une qualité de vie leur permettant de retrouver goût à lexistence. Lamélioration de la qualité de vie des patients doit être lun des buts principaux des institutions hospitalières et surtout extra-hospitalières, et il faut leur en donner les moyens. 9.1. Dans les institutions extra-hospitalières, les familles insistent pour que leurs malades aient droit à une chambre privée (avec cabinet de toilette) suffisamment spacieuse et aérée (les 8 m2 prévus par la loi sont insuffisants) afin quils puissent préserver leur intimité. Or ce nest malheureusement pas le cas dans la plupart des institutions extra-hospitalières, où les chambres à deux lits sont les plus nombreuses. Où le patient peut-il se retirer et comment peut-il recevoir des membres de sa famille en privé dans ces conditions ? 9.2. Afin de rendre la vie plus conviviale, les espaces de séjour doivent être nombreux, diversifiés et aménagés agréablement. Les fumeurs et les non-fumeurs doivent avoir leurs espaces. Il faut une ou des salles de TV distinctes de la salle de séjour (certaines personnes atteintes de troubles psychiques redoutent les images de la TV ou ne supportent pas le bruit de la radio). Des salles de jeux avec ping-pong, foot de table, etc., des ateliers (peinture, céramique, bricolage, informatique, etc.) sont à encourager au maximum. 9.3. Les personnes atteintes de maladies de dépendance (alcoolisme, drogue,) ne peuvent être mêlées à des schizophrènes ou des maniaco-dépressifs, par exemple. Dans les M.S.P., il faudrait un équilibre judicieux entre les âges et les pathologies. 9.4. Limplantation des structures daccueil doit se faire à proximité des transports en commun et dans des endroits calmes, tout en procurant une possibilité de vie active. 9.5. La réinsertion de ceux qui veulent travailler ou soccuper à des tâches bénévoles devrait être encouragée. Or ce nest pas le cas actuellement: les patients qui veulent faire du volontariat doivent dabord obtenir lautorisation du médecin-conseil de leur mutuelle qui, bien souvent, ne la leur accorde quaprès mille tracasseries. Et un patient qui a le courage de se lancer dans un petit boulot mal payé se voit retirer son droit à lallocation de handicapé ou à lindemnité de maladie. Sil ne parvient pas à remplir ses obligations et perd son occupation, il lui faudra des mois avant de pouvoir prétendre à une allocation de remplacement. Or lorsque lon connaît linstabilité et la fragilité des personnes atteintes de troubles psychiques, il est évident que la plupart ne parviendront pas à travailler régulièrement. Cest pourquoi nous demandons que les allocations de handicapés et les indemnités de maladie ne soient pas supprimées, mais suspendues le temps que dure loccupation du patient, et lui soient rendues dès quil arrête cette occupation. 9.6. Frais médicaux pharmaceutiques : Il ne faut plus considérer comme étant simplement des médicaments de confort, les anxiolytiques, les somnifères et certains analgésiques, qui contribuent non seulement au confort mais aussi au traitement de la maladie. 9.7. Les familles insistent pour quon améliore lattention à la condition physique des personnes atteintes de troubles psychiques dans les institutions hospitalières et extra-hospitalières. Trop souvent on ny soigne que leur maladie mentale sans trop se soucier de leurs problèmes physiques (digestifs, dermatologiques, dentaires, etc.). |
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